Publié : 23 février 2008
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L’Aurore : Navire négrier

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Maquette de la frégate négrière

Le trajet de l’Aurore



  • Nantes : port d’attache et d’armement

  • Angola : zone d’achat et de capture des Noirs

  • Saint-Domingue : île où les esclaves sont vendus




Vue en coupe de l’Aurore

  • 1 Pont

  • 2 Entrepont

  • 3 Cale




Armement du navire

- L’armateur
L’Aurore est la propriété d’un armateur nantais. Sa « mise dehors », c’est à dire la totalité des frais qui permettent de l’armer pour la traite, s’élève à 400 000 livres. C’est pourquoi l’armateur s’associe à d’autres négociants afin de réunir les fonds nécessaires.

- Les coûts
En effet, outre le prix de la construction du navire (130 000 livres), il faut payer les vivres pour l’équipage et les Noirs (30 000 livres), les avances sur solde de l’équipage (7000 livres), l’assurance (24 000 livres) et les marchandises pour la traite (210 000 livres).

- L’équipage
Il se compose d’environ 45 personnes placées sous la direction du capitaine commandant. Le capitaine joue un rôle particulièrement important puisqu’il doit conduire le bateau à bon port, diriger l’équipage, gérer la cargaison de Noirs et réaliser les transactions en lieu et place de l’armateur : achat/vente des Noirs puis des marchandises coloniales.


Marchandises

- Vivres
La nourriture embarquée est variée et raffinée quand on fait partie de l’état-major. En revanche, le reste de l’équipage se contente de biscuits, salaisons et légumes secs. Le riz est la base de l’alimentation des captifs. C’est surtout la ration calorique quotidienne qui change : elle est de 2900 à 3400 calories pour les matelots, mais seulement de 2000 calories pour les Noirs. L’eau constitue la charge la plus importante du navire : l’Aurore emporte dans ses cales 581 barriques, ce qui représente 2,8 litres par jour et par personne.

- Marchandises de traite
C’est la dépense principale de l’armement du navire. Ce sont surtout des tissus et des toiles, souvent fabriquées dans la région de Rouen. On y trouve aussi des armes, de l’alcool et des objets en métal comme des barres de fer ou des bassines en cuivre. Quelques uniformes et manteaux servent à faire des présents aux marchands indigènes. Le prix de ces marchandises permet d’évaluer la valeur de troc moyenne d’un captif à 330 livres.

- Captifs
Ils ont été échangés contre les marchandises de traite à Ambris, Cabinde, Malimbe et Loango sur la Côte de l’Angola. Ils sont au nombre de 600 à l’embarquement, 50 mourront avant l’arrivée en Amérique.


La traversée de l’Atlantique

- Organisation du navire
Le bateau s’organise sur 3 niveaux. Le pont extérieur, le faux pont ou entrepont et la cale. Cette dernière est remplie de futailles d’eau pendant la traversée. La plupart seront remplacées, pour le retour par des tonneaux de sucre. C’est sur le faux pont que sont entassés les 600 captifs. Le parc des hommes (400) est séparé du parc des femmes (120). 80 enfants complètent la cargaison humaine. Un échafaud, sorte de bas flanc périphérique, est construit à mi-hauteur de l’entrepont : il permet de gagner 55 m2 et donc de loger près de 190 personnes supplémentaires.


- Les conditions « de vie » des noirs à bord
Pour rentabiliser aux mieux le voyage, le navire est rempli au maximum. Chaque captif dispose d’un tiers de m2. Pour gagner de la place, les captifs sont placés tête bêche, couchés sur le côté. Les espaces libres sont comblés par des gens assis qui viendront peu à peu remplacer ceux qui meurent pendant le voyage. L’insalubrité est totale, notamment dans le parc des hommes car on y trouve les câbles d’ancre conservant de l’humidité et de la vase. Une médiocre ventilation est assurée par quelques grilles. Pour limiter les risques d’épidémie, les captifs passent la journée et mangent sur le pont lorsque le temps est convenable. Il est également prévu une étape de « rafraîchissement » avant et surtout après la traversée pour rétablir l’état de la cargaison humaine.