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Publié : 23 février 2008
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Spectacle de maloya et de moring par la compagnie Maloya Metiss

Le maloya est à la fois une musique et une danse dont les origines se trouvent dans la culture des esclaves africains et malgaches déportés à la Réunion.

Le maloya était pratiqué de façon clandestine, à la nuit tombée, au fond des champs de canne à sucre lors des kabars (fêtes) : un chanteur soliste lançait une mélopée improvisée que le reste du groupe reprenait en choeur. Les danseurs formaient un cercle, l'un d'entre eux entrait dans le cercle et invitait une femme qui dansait à son tour, roulant des hanches et tenant ses jupes relevées

Le kabar n'était pas un simple divertissement, il avait également une fonction spirituelle et sociale : la danse devenait transe et les esprits des ancêtres étaient invoqués, la communauté des esclaves apaisait ses tensions et se reformait.

 

Le moring est une danse-combat rituelle originaire d'Afrique et de Madagascar, qui existe sous différentes formes dans tout l'océan Indien. A la Réunion, le moring est étroitement associé au maloya. Les participants - public, musiciens et combattants - forment d 'abord un cercle. Un batteur de tambour fait démarrer le moring en jouant un rythme lent et dense qui invite les combattants à se manifester et à entrer dans le cercle. Rituels guerriers ou acrobaties permettent alors aux adversaires de se défier et de montrer leur courage et leur valeur au public. Enfin le combat s'engage, son intensité dépend du rythme donné par les musiciens, eux-mêmes attentifs à la détermination des combattants.

Le rythme lui-même peut être créé par différents instruments, mais certains éléments sont essentiels : le chanteur soliste et la basse, constituée par le rouler (gros tambour) et le kayamb(instrument rectangulaire remplie de graines).

Aujourd'hui, maloya et moring sont reconnus comme des éléments constitutifs de la culture et de la tradition réunionnaises. Ils continuent à être pratiqués et à évoluer grâce aux travaux de troupes comme Maloya Métiss créée en 2004. Aujourd'hui, elle présente un spectacle mettant en scène une veillée d'esclaves.